Le travail de la couleur par quelques peintres

"L'atelier rouge", Henri Matisse, 1911, huile sur toile, 162x130 cm

Matisse a constitué, tout au long de sa vie, une oeuvre qui n'obéit qu'à une seule idée, la recherche d'un équilibre des couleurs et des formes, qu'il parvient, à la fin de sa vie, à imprimer à la matière. Ici, le rouge représente l'espace du tableau. Cet espace n'a pas de perspective et pourtant, il donne une sensation de profondeur. Matisse faisait partie du groupe des fauvistes qui utilisaient la couleur pure pour exprimer leur vision du monde (le plus souvent des couleurs saturées).


"Dynamisme d'une automobile", Luigi Russolo, 1913, huile sur toile, 140x106 cm

Luigi Russolo était un artiste du groupe des futuristes. Ce mouvement venant d'Italie exalte la modernité dans la peinture. Il s'agit d'une exaltation de la vitesse avec une décomposition du mouvement. Le rouge, le jaune, le orange, le violet ainsi que le bleu sont très utilisés dans leur saturation afin de renforcer l'aspect agressif du mouvement, de la vitesse.

"Rêve", Henri Rousseau dit "le Douanier Rousseau", 1910, huile sur toile, 204.5x298.5 cm

Henri Rousseau s'évertue à reproduire ce qu'il voit (simple réalité visible) et prend exemple sur la nature pour le travail des formes et des couleurs.


"Les petits chevaux jaunes", Franz Marc, 1912, huile sur toile, 66x104 cm

Artiste du "Blaue Reiter" et très sensible à la nature, Franz Marc a tenté d'en exalter la force vitale à travers des tableaux aux lignes marquées et aux couleurs percutantes. Il souligne avec talent les lignes de force du sujet, renforçant leur impact par des couleurs expressives et complémentaires de manière à accentuer les différents éléments. Franz Marc est proche de Kandinsky et voit, comme lui, en chaque couleur une signification particulière. Ainsi, le jaune représente à ses yeux le féminin doux et gai, tandis que le bleu symbolise le masculin austère et spirituel. On retrouve fréquemment ces couleurs primaires qui s'unissent parfois pour combattre le rouge, couleur de la violence.

"Siii", Yves Klein, 1960, relief éponge, 92x73 cm

"Le bleu n'a pas de dimension, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs, elles, en ont. Ce sont des espaces pré-psychologiques (...). Toutes les couleurs amènent des associations d'idées concrètes (...), tandis que le bleu rappelle tout au plus la mer et le ciel, ce qu'il y a après tout de plus abstrait dans la nature tangible et visible." La mise au point de l'"International Klein Blue" (IKB) en 1960 par l'artiste inaugure son époque bleue et sera sa référence. Les nouveaux réalistes comptent Yves Klein dans leur mouvement des années 1960.


"Made in Japan-La Grande Odalisque", Martial Raysse, 1964, acrylique sur photographie marouflée sur toile, verre, mouche, 97x130 cm

Il s'agit d'une oeuvre aux aspects Pop-Art américain qui reprend une toile d'Ingres. C'est un travail avec des couleurs saturées et complémentaires (rouge et vert) et auxquelles il ajoute du verre pilé et une mouche de manière à critiquer l'art mimétique traditionnel. Ainsi, avec les couleurs et les éléments qu'il utilise, il rompt avec la tradition, les règles et les techniques pour désacraliser l'oeuvre et annuler l'idée d'un art qui nécessiterait une virtuosité technique.


 

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